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Fais-moi rire ! ou l’histoire d’un blog

J’avais prévu d’écrire sur la mémoire aujourd’hui. Mes petites notes étaient prêtes, je m’étais bien documentée, j’allais livrer un nouveau billet rédigé en pyjama car c’est souvent la nuit que me vient l’inspiration/l’envie. Et puis, au moment de commencer, j’ai aperçu dans l’onglet des notifications celle que j’avais reçue une semaine ou deux plus tôt. Celle m’informant que je venais de publier mon cinquantième article sur ce blog. J’ai eu envie de partager l’info mais je ne savais pas de quelle manière. Finalement, j’ai décidé qu’il était peut-être temps de revenir sur l’origine de Fais-moi Rire! Lire la suite de « Fais-moi rire ! ou l’histoire d’un blog »

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Le Space Cake émotionnel

Encore un titre bien mystérieux que celui-ci. Ne t’en fais pas chaton, tu vas comprendre bien vite. « Space cake »? Si tu es connaisseur, tu te dis que ce billet abordera un sujet junky. Que nenni ! Navrée de décevoir les plus rock’n’roll d’entre vous mais je ne suis ni une Britney Spears sur le point de se raser le crâne, ni une Amy Whinehouse droguée et alcoolisée jusqu’à la moëlle. A la limite j’ai la voix cassée et un jean troué, c’est le max dont je suis capable en la matière. Des fois j’abuse des Moscow Mule, au pire j’envoie un message pathétique à un ex, mais de là à partir en bad trip façon 99 francs? Thanks god but no. Tu vas me dire que j’exagère parce qu’un Space Cake n’est pas non plus un vrai truc badass. Tu as raison, j’en fais trop. Mais pour le coup j’ai essayé une fois, je l’ai su après (ah les coquins…). Pendant plutôt, parce que je me sentais « weird » et lorsque j’ai constaté que mes amis anglais rigolaient aussi niaisement que moi, j’ai compris la filouterie. D’autant que ce gâteau avait un goût bizarre mais pas pire que leur vin. Donc… J’avais vingt ans, c’était cool. Anyway.  Lire la suite de « Le Space Cake émotionnel »

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Le mythe de la Création selon Platon and friends, ou comment vivre avec le fantôme de son âme soeur

Mal.

Point.

Voilà, merci, bonne journée!


Mes articles sont parfois un peu longs parait-il. Cependant « on ne badine pas avec l’amour » comme dirait Musset, un poto. Je ne peux donc décemment pas faire dans le concis, surtout pour ce thème qui m’a réveillée un samedi à 5h du mat après 3h de sommeil. Ça fait écrivain torturé, j’adore! « J’ai mes démons. » Faut surtout que j’arrête le café et les gâteaux après 22h. Autre débat.

Reprenons. Je vais m’improviser prof en amphi pour ce sujet, parce que je trouve ça fun le temps d’un article et surtout car cela restera une projection tant je n’ai aucune pédagogie / patience / ambition d’enseignante. Joue le jeu bro. Tu es élève en fac de lettres et je suis la prof de philo sexy, genre Megan Fox (roh mais ça va laisse moi imaginer ce que je veux, c’est MON blog, MON article, MON jeu de rôle et MA classe!). Maintenant, sit down and listen!

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Un peu de silence vous plait! Installez-vous, on a plusieurs points à aborder dans ce cours. Camille éteins-moi ce téléphone, tu regarderas tes stories plus tard et Christophe, retire moi ces écouteurs, je ne passe pas encore à la radio, merci.

Bien! Aujourd’hui, nous allons parler du mythe de la Création selon Platon, de votre potentielle âme sœur et surtout de la possibilité de ne jamais la trouver et donc de vivre avec son fantôme. Oui, ça fait beaucoup je sais, alors ne trainons pas.

Le mythe de la création by Platon and friends

Dans le titre,  j’ai précisé Platon and friends et non sans raison. En effet, nous avons affaire à un sacré filou puisque pour exposer une partie de sa théorie de l’amour dans Le Banquet, célèbre texte qui traite du sujet, notre philosophe passe littéralement par quatre chemins ou tout du moins quatre voix. Platon n’est donc pas le narrateur, que l’on retrouve en la personne d’Apollodore. Cependant, lui même n’a pas assisté à cette fameuse sauterie. Aristodème était lui présent et a rapporté les propos qui s’étaient tenus. Le discours qui nous intéresse ici est notamment celui d’Aristophane, une sorte de philosophe comique de l’époque.

Si l’on devait résumer, l’origine du terme « âme soeur » nous vient donc d’un stand-upper grec bourré à un diner qui s’est levé en plein repas en s’exclamant: « j’vais vous dire moi c’que je pense de l’Amouuuur [hip! – oui parce qu’apparemment – fun fact – il avait le hoquet] ». Le lendemain, un mec a fait sa poucave en allant raconter à un de ses potes ce que cet humoriste avait déblatéré. Seize ans plus tard, ce type décide de parler. Et c’est Platon, rédacteur en chef de Closer-Mythologie qui nous rapporte l’histoire dans ses colonnes. Moralité: l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et tout ce que vous dites ivre pourra être retenu contre vous et publié des années plus tard dans la gazette grecque. Sauf que cette histoire a fait le buzz et 2420 ans plus tard, ce qu’a dit Aristophane continue de nous hanter.

Mais qu’a  vraiment dit Aristophane au cours du Banquet?

Et bien notre alcoolique notoire de la soirée a, entre deux verres de Cuvée de Dionysos, prétendu ceci:

A la création, les dieux ont fait les humains de trois sortes: mâle, femelle et androgyne. Admettons… Toujours selon lui, nous étions des espèces de sphères avec deux visages, quatre mains, quatre jambes, etc. Tout en double. L’happy hour de l’humain en somme. Pour couronner le tout, nous roulions pour nous déplacer. Franchement là, je me serais dit, « Ok Aris’ est complètement fait, si quelqu’un pouvait le raccompagner à son atrium ? Non ? Personne ? Bon ben oué finis, au point où on en est… ». Nous roulions donc gaiement mais visiblement on se la racontait un peu trop et notre force a fini par emmerder les dieux qui se sont dit « oulala ces boules sont un peu trop épanouies, viens on les sépare! ». Je vous la fais courte mais en gros voilà comment sont nées les âmes sœurs séparées par les dieux, condamnées à vouloir se réunir. Mais là encore ça va, elles étaient face à face. Le problème est qu’aujourd’hui on nait sans savoir où la trouver et c’est à peu près la seule mission dont on se sent investi intrinsèquement. C’est donc qu’il devait quand même pas dire que des conneries Aristouf. Anyway…

La quête de l’âme-sœur

Que l’on y croit ou non, reconnaissez qu’on cherche quand même tous pas mal à s’emboîter! Alors Ame-sœur d’un soir ou bien d’une vie, qu’en sais-je, mais il y a bel et bien une recherche, une quête, une conquête. Quelle qu’en soit l’issue, on tente de séduire  ceux qui nous attirent et l’on se cherche des affinités, une connexion. Il est possible de connaitre plusieurs histoires au cours de sa vie et même d’aimer véritablement plusieurs personnes. Cependant, seules les vraies âmes sœurs restent ensemble pour toujours lorsqu’elles se sont trouvées. Elles se reconnaissent à l’instar de ces jumeaux séparés à la naissance, ou pas d’ailleurs. C’est un lien du sang et plus que cela encore, une connexion mystique dont l’entendement nous dépasse mais dont les preuves ne sont plus à faire. Les jumeaux seraient alors des âmes-sœurs mal séparées qui se seraient retrouvées par erreur ensemble dés la naissance, un peu comme un mauvais mélange de cartes. Ces deux là n’auraient alors pas même besoin de partir en quête puisque déjà réunis. Avez-vous déjà remarqué à quel point leur relation est forte et comme ils se suffisent à eux-mêmes?

Malheureusement pour les autres, nous allons devoir galérer un peu plus. Mais le pire dans cette histoire c’est qu’absolument rien ne garantit qu’on la trouve un jour. Il parait que le vrai bonheur réside dans la quête. Certes. Mais bon au bout d’un moment on la veut bien la carotte tenue par le bâton car elle nous fait sacrement gargouiller le cœur!

Bien entendu on pourra se consoler dans les bras d’autres âmes égarées. Cependant au fond de nous, on le sait, on le sent que ce n’est pas « le bon, la bonne ».

Vivre avec le fantôme de cet être manquant

Avez-vous déjà entendu ces récits de mutilés de guerre qui ressentent physiquement une douleur dans un membre ayant pourtant disparu ? On appelle cela le syndrome du membre fantôme. J’aimerais ici établir un parallèle avec ce que les âmes-sœurs ressentent au quotidien.

Selon moi, philosophe en mousse des temps modernes, nous avons un sérieux penchant pour le mal-être que nous exprimons par tout un tas d’angoisses, de troubles du comportement, de névroses. Tous ces symptômes pourraient disparaitre aussi vite qu’ils sont apparus grâce à un seul et unique remède: l’Amour. Je sais c’est beau. Mais attention, pas n’importe quel amour. L’amour véritable, à double-sens et le plus pur de celui-ci, le Saint Graal, réside dans l’amour que s’apportent mutuellement deux âmes sœurs. Je ne vous parle pas d’un amour générique vendu en pharmacie et qui plus est payant. Non non non. Le vrai amour est gratuit car il offre autant qu’il prend, c’est une balance parfaitement ajustée. Qui dit gratuit ne dit pas sans valeur. Au contraire, il est inestimable tant il est précieux et convoité. L’avantage est que chacun peut l’obtenir à condition de vraiment le chercher et non sa contrefaçon qui certes pansera momentanément quelques plaies mais jamais ne guérira la véritable déchirure originelle.

D’ici là, il faut vivre sans. Vivre avec ce fantôme de membre amputé. Et pourtant, il nous manque cruellement. On l’imagine, on se le représente, on sait à quoi il pourrait ressembler, ce qu’il vivrait avec nous et comment il nous ferait sentir.

A un c’est bien, à deux c’est toujours mieux, avec son âme-sœur ce n’est que pur bonheur.

« DRIIIIIIIIING » (Sonnerie horrible qui marque la fin du cours) ; bruit de chaises qui raclent le sol;  Camille consulte les dernières stories ; Christophe appuie sur play et sa playlist redémarre ; les élèves ont quitté la salle de classe et m’ont laissée seule, moi, Megan Fox (chuuut), bien pensive:

« Ils ne me croient pas. C’est dommage. Ce soir pour oublier je vais boire et je raconterai ma théorie à qui veut bien l’entendre. Ca tombe bien je suis invitée à un banquet. »