Devine quoi? Je suis un être humain.

Comme je le racontais dans un précédent billet, j’ai récemment été l’objet d’un archivage sentimental. Suite à la publication, un commentaire a mis un mot sur ce phénomène apparemment répandu, autrement appelé “ghosting”. D’une certaine manière cela m’a rassurée en me disant que le problème ne venait pas de moi mais plutôt de celui et ceux qui agissent ainsi. Ce serait en quelques sortes les dommages collatéraux ou tout simplement le résultat logique de ces modes de rencontres facilitées et multipliées. En effet, on ne compte plus le nombre d’applis mobiles en plus des sites de rencontres traditionnels. Ainsi, les utilisateurs de Tinder, Happn, Badoo, Once, Adopte un mec, etc. sont devenus coutumiers du « nextage » facile. Ils balaient de l’index les profils qui ne calibrent pas jusqu’à tomber sur un physique attrayant, faire l’effort d’en lire la présentation et « liker » cette personne pour pouvoir signifier un intérêt. Il en va de même sur Instagram, Facebook et Snapchat. Entrer en contact avec quelqu’un est plus facile que d’aller directement à sa rencontre et lui dire: tu me plais. L’approche se fait en douceur et est ou non réciproque mais il n’y a pas/plus de réels râteaux. En d’autres termes, rencontrer n’est en 2016 plus un souci et « nexter » les gens dans la vraie vie se fait naturellement. Nexter signifiant passer au suivant. Mais c’est là tout le problème… Les profils s’enchainent, ça ne “match” pas? NEXT. On rencontre la personne, pour un détail on ne la sent pas? NEXT. Cela semble logique dans un sens, bien évidemment. Pourquoi se forcer si l’on sait que d’autres peuvent davantage nous convenir. Le problème de ce comportement n’est pas le fait de rebondir vite mais plutôt de concevoir les gens comme des produits de consommation. Je n’invente rien, c’est une remarque que l’on entend souvent mais je n’y avais jamais vraiment fait face.
Depuis ma rupture, est-ce parce que j’ai vieilli, est-ce parce que je reviens à peine à Paris en ne fréquentant régulièrement plus personne et que j’ai tout un réseau à reconstituer ou bien est-ce parce que j’ai perdu les codes après trois années à ne communiquer amoureusement qu’avec une seule et même personne qu’aujourd’hui je me sens totalement confuse et perdue dans le monde des rencontres?
Après avoir été victime de ce fameux « ghosting » qui soit dit en passant est assez difficile à vivre même si par fierté j’ai fait bonne figure, me revoici donc à sortir. Peu, car je travaille beaucoup sur mon projet, heureusement d’ailleurs. Mais, une fois par semaine je sors à Paris, je rejoins des amis au gré des invitations et je fais des rencontres sur place ou bien je retrouve des personnes de mon réseau virtuel (Instagram pour beaucoup) après avoir souvent discuté avec en amont. On se rend rapidement compte que je suis une fille sérieuse et romantique normalement. Ainsi, les adeptes du « premier soir » ou « juste une nuit » tournent vite les talons et s’en vont dragouiller une autre donzelle. Ca ne me vexe aucunement, c’est normal, inutile de faire perdre du temps à qui que ce soit. La sélection naturelle une fois effectuée, il y a ceux qui poursuivent l’échange les jours suivants sachant qu’au cours de ces soirées rien d’autre qu’une conversation et un flirt n’aura eu lieu. Je ne me laisse pas même embrasser le soir d’une rencontre. Pas par convention ou principe mais simplement parce que je trouve cela important de ne pas tout avoir tout de suite pour moi comme pour l’autre. Je ne juge pas ceux qui veulent simplement profiter d’une soirée mais j’aime bâtir quelque chose avec quelqu’un qui m’intéresse. Là n’est pas la question. Puis, il y a ceux qui se lassent très vite de mon indisponibilité physique j’imagine, ou bien ceux qui disparaissent aussi vite qu’ils sont entrés dans ma vie. Pouf! Magiiiiiie.
Sur Snapchat ou Instagram, il n’est pas rare que l’on me demande des photos sans même un bonjour ni un s’il te plaît. Ma galerie est somme toute très sobre et peu axée sur ma personne et mon physique en tout les cas. Sur 300 publications, moins de 50 images me présentent et toujours très pudiquement. Je m’habille sans vulgarité et je montre clairement mes centres d’intérêts: mon projet, le voyage, la gastronomie, l’architecture et le divertissement. Je n’ose imaginer comment sont apostrophées les autres jeunes femmes dont les comptes sont clairement des galeries axées sur leur physique. Mais le problème est cet accès simplifié. Par message, les hommes ne prennent même plus la peine d’y mettre les formes: « envoie moi une photo ». Bam. Normal. On se croirait à Amsterdam, les types passent devant une vitrine et repèrent une femme qui leur plait, entrent et réclament. Qui dit exister sur un portail virtuel d’exhibition de son univers ne signifie pas être un produit! Je trouve cela vraiment choquant. Vous me direz, pas plus que de se faire interpeller dans la rue. Je mets mes écouteurs, je ne fais pas attention. Donc surement mais je n’en fais pas l’expérience quotidienne et je préfère me concentrer sur le thème de l’approche virtuelle qui me fascine comme vous l’aurez compris si vous lisez mes articles.
Entendons-nous bien, je ne suis pas contre l’échange de message et l’approche via ces réseaux sociaux, mais je parle de considérer les gens comme de vraies personnes en 3D. Prendre conscience que ces individus que vous contactez virtuellement sont des êtres humains avec du sang qui coule dans leurs veines, un coeur qui bat et un cerveau. Les ignorer, leur parler comme s’il s’agissait de personnages fictifs que l’on efface de ses données aussitôt que quelque chose ne va pas, et bien ce n’est ni correct, ni normal.
Voilà où je souhaite en venir: peu importe qu’une rencontre porte ses fruits, débouche sur une belle histoire ou simplement un flirt, une aventure d’un soir ou plusieurs jours. Peu importe. Peu importe que cela match ou non. Peu importe si derrière vous retrouverez vite quelqu’un et que la fille à qui vous ne répondez plus vous oubliera tout aussi rapidement. Peu importe si cette personne qui s’exhibe beaucoup sur son compte instagram doit recevoir des tas de messages et de snaps. Peu importe car sachez une chose, nous sommes tous sensibles, tous humains. Et se faire ignorer, ghoster, agresser par des demandes de photos ou même l’ouverture de messages contenant une nudité que l’on a pas réclamé, c’est offensant. Dans la vraie vie, vous finiriez en garde à vue. Mais vous savez quoi? Le virtuel, c’est aussi la vraie vie! Alors soyez civilisé, poli, gentleman, soyez humain. Excusez-vous de ne pas donner suite, fournissez une explication. Le silence n’est jamais la meilleure des sorties. Likez-vous les uns les autres comme le dit Benisidore mais surtout respectons-nous les uns les autres. La fuite, c’est trop facile et cela fait de vous des lâches fort mal éduqués.
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